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Finistère

d'une propriété mitoyenne. En pleine saison des amours, la sérénade est infernale.

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille... Et au printemps, la parade nuptiale des batraciens reprend de plus belle. Pour séduire sa fiancée, sortir ses globuleux yeux doux ne suffit pas : il faut chanter, et plus fort que son voisin ! En pleine nature, ce récital amoureux n'est pas très gênant. Mais dans ce quartier résidentiel de Saint-Martin, à Brest, il commence à taper sur le système d'un couple de retraités de la rue Massillon. « C'est intenable. Quand elles se déchaînent, cela peut durer des heures, et c'est comme ça pendant trois mois », se plaint Maryvonne Boutet.

Trois mois de parade nuptiale


Plusieurs fois par jour, Joseph, son mari, doit fermer la fenêtre. Mais le simple vitrage n'étouffe pas complètement le tintamarre de la mare qui parvient à s'inviter dans le salon. Cela fait déjà « trois ou quatre ans » que les printemps des deux retraités sont ainsi perturbés par ce concours de vocalises. En cause, la création d'une mare artificielle dans le jardin de la voisine. Encore heureux que les deux retraités dorment côté rue. Même si, contrairement à d'autres espèces, la grenouille verte dont il est manifestement question ici, fait sa parade nuptiale essentiellement durant la journée. « La reproduction est aussi plus étalée dans le temps, jusqu'à trois mois d'avril à juin », expose Stéphane Wiza, chargé d'études chez Bretagne Vivante. La voisine, qui occupe rarement son domicile de Brest depuis qu'elle vit dans le Sud-Ouest, s'est toujours défendue d'avoir introduit volontairement tous ces Barry White amphibiens. Une affirmation plausible, selon le scientifique. « Il suffit d'introduire une plante ou des sédiments avec des oeufs accrochés, et en quelques années, on aura une colonie ». Il y a un an, n'en pouvant plus, Joseph s'est tourné vers le service « action sanitaire » de la ville pour envisager une solution. Problème : les grenouilles sont une espèce protégée par les articles L.411-1 et L.411-3 du code de l'environnement. Il est donc formellement interdit de les déplacer ou de les éliminer. « Cependant, si la gêne occasionnée par les batraciens génère un conflit avec le propriétaire du bassin, vous avez la possibilité de saisir un conciliateur de justice auprès de votre mairie de quartier », écrivait l'adjointe déléguée à la tranquillité publique Patricia Salaun-Kerhornou.

Un précédent en Dordogne


À défaut d'un arrangement à l'amiable, une plainte pour tapage est toujours envisageable. Une telle procédure avait fini par porter ses fruits, à Grignols, en Dordogne, où un conflit de voisinage pour des raisons similaires avait éclaté en 2012. Un huissier avait mesuré que le coassement des batraciens atteignait 63 décibels dans l'une des chambres de l'habitation des plaignants. Et si, en première instance, les plaignants avaient été déboutés, en juin 2016, un jugement de la cour d'appel de Bordeaux avait sommé les propriétaires de combler leur mare, en considérant « que les troubles excédaient les inconvénients normaux de voisinage ». Pas très procéduriers dans l'âme, Maryvonne et Joseph ne souhaitent pas en arriver là mais aimeraient retrouver la quiétude qu'ils ont toujours connue dans cette maison qu'ils occupent depuis 50 ans.

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