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Finistère

que les actuels locataires vont quitter l'île, à la fin de l'année.

C'est un petit bout de terre riche d'histoire. L'île de Quéménès, 25 hectares à mi-chemin entre Le Conquet et Molène, a changé plusieurs fois de visage, au gré des siècles et des occupants qui ont foulé son sol. Un passé bien mystérieux et un caillou connu des seuls initiés jusqu'à sa dernière mue, largement médiatisée : l'installation, il y a dix ans, d'un couple d'exploitants, aujourd'hui sur le départ (notre édition du 27 avril). « Il y a peu de traces écrites sur Quéménès. Au total, l'île a connu seulement six ou sept propriétaires », éclaire Marie-Thérèse Darcque-Tassier, fille de l'ancien propriétaire et auteure de deux livres sur le sujet (*). 

Des traces dès la préhistoire

 Les premiers signes de vie ramènent à la préhistoire et font de Quéménès un beau terrain de jeu pour les archéologues. Au milieu des menhirs, pas moins de huit chambres mégalithiques ont été découvertes sur le site . Au Moyen-Âge, ce sont des moines de l'abbaye de Saint-Mathieu, à Plougonvelin, qui y prennent place et entretiennent l'île, dans le plus grand silence, pendant plusieurs siècles. Envahie et pillée par les Anglais à plusieurs reprises pendant l'Ancien Régime, elle est fréquentée entre-temps par des paysans et goémoniers. En 2008, le passage d'une tempête révèle la présence de quatre squelettes dont une étude, après les plus folles rumeurs, fait remonter le décès au XVIIe siècle. Concernant les circonstances de leur décès, le mystère reste entier. Le siècle passé, une poign ée d'exploitants agricoles se succèdent sur l'île, malgré les conditions difficiles. Dont le père de Marie-Thérèse Darcque-Tassier, locataire dès 1953 puis propriétaire à l'orée des années 60. « Mon père est resté sur Quéménès pendant 50 ans. Il a cultivé la terre, agrandi la ferme, exploité le champ d'algues aux alentours et vivait aussi de la pêche », raconte celle qui est arrivée sur Quéménès âgée de seulement 4 jours. À l'époque, la famille vit sans électricité et s'éclaire à la bougie. Elle est aidée dans les tâches quotidiennes par des repris de justice envoyés sur l'île pour achever leur peine. Au plus fort de sa population, l'île compte une douzaine de personnes. « Il y avait du passage, les goémoniers installaient leur bicoque sur le Lédénès et, de temps en temps, des touristes passaient par là » , rembobine Marie-Thérèse Darcque-Tassier, qui conclut : « On ne survit pas sur une île en autarcie ». 

« Mon souhait : que l'île ne meurt pas, tout simplement »

 Actuel propriétaire, le Conservatoire du littoral a acquis Quéménès en 2003, afin de préserver le site naturel, tout en continuant l'activité humaine. Un rachat qui fait suite à une période d'entretien dans les années 90. Aujourd'hui, l'histoire continue de s'écrire avec le départ des locataires, prévu pour décembre, et un nouvel appel à projets pour reprendre l'exploitation, lancé cet été. « Mon souhait : que l'île ne meurt pas, tout simplement. Je veillerais sur Quéménès jusqu'à la fin de ma vie », lance Marie-Thérèse Darcque-Tassier, qui a dans l'idée de plancher prochainement sur un troisième ouvrage sur l'histoire récente de l'île . 

* Livres de Marie-Thérèse Darcque-Tassin : « Un bout de vie sur l'île de Quéménès » (2005) et « L'île de Quéménès, mon paradis désenchanté » (2009).

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